Après trois semaines d'absence, me re-voilà sur mon blog!
J'ai pas mal d'idées d'articles en retard, mais j'avais vraiment besoin de faire une
pause de la blogosphère... Des nouvelles choses dans ma vie, des besoins d'organisation...
Et j'organise mon retour grâce à ce nouveau livre qui illumine mon quotidien en ce
moment. Non, ce n'est rien de spirituel, ce n'est
pas un livre sur le bouddhisme ou la méditation, c'est un "Guide pratique à l'usage des femmes"!!!! "S'organiser c'est facile", et il a plusieurs
chapitres: organiser son temps, organiser ses rangements, organiser les tâches m"nagères, organiser ses repas, organiser ses papiers, organiser ses vacances, organiser
les autres, organiser les grands événements de l'année, organiser les grands événements de la vie. C'est vairament de la logistique!
En fait j'ai toujours été une grande bordélique, toujours désordonnée, toujours en retard, toujours procrastineuse... les choses importantes toujours à la dernière minute! Je n'ai jamais su faire les choses sans pression, etc. Et je me rends compte de que c'était surtout parce que je n'avais jamais connue l'organisation, je n'avais aucune méthode plus que celle de subir des pressions!
Enfant, j'ai grandis dans une maison avec femme de ménage et
jardinier, ma mère était mère au foyer mais elle n'avait jamais le temps pour s'en sortir correctement avec deux enfants et une maison, elle était toujours en retard, sa chambre
c'était toujours le désordre et elle criait toujours derrière moi en me disant que j'étais une désordonée! Je me souviens de ses dialogues avec mon père et ses copines: "Non, on ne peut pas s'en sortir avec deux enfants sans au moins une femme de ménage qui vient trois fois
par semaine de 9 heures à 15
heures..."
Il semble que j'étais la seule pas assez bourgeoise pour se demander: "Et comment elle fait la femme de ménage qui travaille 12 heures par jour et qui a 4 enfants pour s'en sortir sans femme de ménage?" Mais j'oubliais que les femmes de ménage, "ces gens là qui peuvent vivre comme ça", sont parait-il une espèce de sous-catégorie d'humains, entre d'autres sous-catégories: la femme de ménage mange chez nous, mais dans la cuisine, dans une autre chaise plus petite et moins confortable, elle se sert les restes dans une autre vaisselle moins raffinée, elle utilise d'autres WC et salle de bain, ceux "de service", elle n'a pas besoin et elle ne mérite pas être traité comme une amie ou une collègue, même si elle est chez nous, dans notre foyer, si elle voit une partie de notre intimité familiale... on ne s'inquiète pas pour elle comme on le ferait pour une autre connaissance si elle doit rentrer seule très tard dans son quartier dangereux ou dans le froid et la pluie, on n'a pas à lui faire confiance ou à prendre au sérieux ce qu'elle dit... Tant qu'elle travaille bien tout va bien, et sinon tant pis, quand on ne veut plus d'elle et bien c'est fini, si elle a besoin de sous ce n'est pas notre problème...
La femme de ménage en Amérique du Sud a si peu de droits: toujours elle bosse au noir, pas de chômage, pas de congé maternité, pas d'arrêt maladie. Dans certains milieux,
par principe, comme c'était le cas chez nous, on leur paye le transport, un "salaire de vacances" et un "troisième mois".
L'après midi, ma mère prenait le temps de préparer un café au lait et de s'assoir avec la femme de ménage pour l'écouter, pour papoter un peu avant qu'elle parte. Souvent les femmes la trouvaient gentille, agréable et généreuse en tant que patronne. Elle leur offrait des choses en bon état qu'elle n'utilisait plus, des habits ou des petits jouets pour les enfants ou elle trouvait des petits boulots pour un fils ainé qui veut bosser un peu le samedi matin. C'était ça ses oeuvres de charité... Puis, c'est connue, les femmes de ménage sont celles qui connaissent les bonnes guérisseuses et voyantes, alors elles proposent souvent à la patronne qu'elles apprécient, pour y aller ensemble quand les deux ont un problème.
Quand j'ai commencé le collège j'ai commencé à interdire aux femmes de ménage d'entrer
dans ma chambre, je
détéstais l'idée... Finalement j'ai laissé rentrer deux (après avoir fait moi tout le gros
ménage qu'il fallait): Agnès, que je connaissais depuis mes 6 ans et qui est comme une tante pour moi, qui berçait
mon bébé pendant que j'étais à la fac en lui donnant
tant d'amour; et Tatiana, qui est devenue une grande
copine, qui a été ma complice dans tant de délires, qui m'a soutenue dans des situations si improbables et qui a été la première à dompter les cheveux frisés de ma petite fille sans la faire
pleurer. Ces personnes, qui ne sont pas des sous-personnes à mes yeux, elles n'ont jamais été des femmes de ménage pour moi, loin de là, beaucoup plus que ça... Je vais
les voir, chaque fois que je rentre au pays, on s'écris, et elles sont toujours
là.
Quelle chance d'avoir eu ses femmes là! Mais pas de femme de ménage pour moi!
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||